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La contribution de la Recherche à l’émergence du Cameroun

     Les voies et moyens pouvant permettre à la recherche scientifique et à l’Innovation de conduire le Cameroun vers son émergence à l’horizon 2035 ont été explorés le mercredi 20 septembre 2017 à 13h à l’occasion de la Grande Conférence du « Mois de la Recherche »,  tenue dans la salle de conférences du MINRESI,  présidée par le Secrétaire général madame Rebecca Madeleine Ebéllé Etamè et dont le conférencier était Dr Thomas Dongmo, Directeur de recherche et Chef de la Division de la Coopération scientifique et Technique dans ce département ministériel . L’exposé du conférencier avait pour thème « Contribution de la Recherche Scientifique à l’émergence du Cameroun à l’horizon 2035 ».
    Madame le Secrétaire général du Ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation qui diligentait les échanges à félicité le conférencier au nom de madame le ministre. Elle a apprécié la qualité des questions et des réponses pertinentes tout en réitérant la ferme volonté de Dr Madeleine Tchuinté de voir cette tribune d’échanges intellectuels s’ouvrir à tous les scientifiques, à tout savant, à tout innovateur qui excelle dans un domaine précis de la Science ou de l’Innovation et qui veut participer au développement socio-économique du Cameroun à travers ses idées pertinentes. 
« Madame le Ministre  veut par cette plateforme mettre ensemble les chercheurs de tout bord, afin de mutualiser les intelligences et faire avancer notre pays vers l’émergence à l’horizon  2035 que le chef de l’Etat son Excellence Paul Biya appelle de tous ses vœux. » a-t-elle martelé.
       L’atteinte de l’émergence selon le Document de Stratégies pour la Croissance et l’Emploi, implique quatre objectifs généraux à savoir : réduire la pauvreté à un niveau socialement acceptable, devenir un pays à revenue intermédiaire, atteindre le stade de nouveau pays industrialisé, renforcer l’unité nationale et consolider le processus démocratique.
    Tenant compte de ce document stratégique, l’exposé de Dr Dongmo s’est bâti sur neuf points essentiels : la définition de la notion d’émergence ; les critères de l’émergence ; les pays émergents et leurs caractéristiques ; le cadre de l’émergence du Cameroun les atouts du Cameroun ; les acquis du Minresi ; l’apport de la recherche a l’émergence du Cameroun ; les défis à relever pour devenir un pays    émergents. L’exposé s’est achevé par quelques recommandations.
    Dr Thomas Dongmo soutient que la Recherche scientifique et l’Innovation peuvent amplement contribuer à l’atteinte par le Cameroun de l’émergence à l’horizon 2035. Il a tout d’abord fait le point sur la notion d’émergence. Pour y parvenir, il faut souscrire à un certain nombre de critères. Pour cela, il a convoqué les recherches de  Philippe Hugon, professeur  émérite, chercheur  à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques(IRIS). Ce dernier estime que les critères requis pour un pays qui aspire à l’émergence sont : le taux de croissance économique ; la taille de la population ; la diversification de la production ; l’importance des exportations et des importations ; l’intégration au monde financier international ; le rôle stratégique de l’Etat pour le développement ; les investissements dans la recherche et le développement ; la capacité de protéger le territoire. Pour mieux illustrer sa thèse, il s’est appuyé sur quelques exemples de pays émergents et leurs caractéristiques.
    Parlant spécifiquement du cas du Cameroun, Dr Thomas Dongmo a d’abord présenter ses atouts notamment : la Jeunesse de la population (62% de la population < 24 ans); Le Bilinguisme: Anglais et Français; Taux d’alphabétisation, 85% de la population; Positionnement Géographique au cœur de l’Afrique Centrale (Population 145,6 millions à coté du Nigeria qui à une population de 183,5 millions); Entreprenariat féminin important (25%).
    Le Directeur de recherche a ensuite présenté à l’attention du public venu très nombreux l’écouter, les acquis de la recherche par institut sous tutelle du MINRESI avec en prime des lauriers glanés au niveau international. C’est le cas de l’IRAD  l’Institut de Recherche agricole pour le développement, médaillé d’or récemment au Salon International des inventions de Genève en Suisse. Idem pour l’IMPM. Un rayonnement qui prouve s’il en était encore besoin que la recherche camerounaise a son mot à dire dans le concert des nations scientifiques du monde. Le conférencier a par ailleurs démontré que tout ce que nous consommons comme nouvelles variétés de fruits, de viande sont le fruit des laboratoires. « Les chercheurs cherchent et trouvent, ils mettent ensuite leurs résultats à la disposition des utilisateurs. C’est ce qui fait que parfois on oublie que tout a commencé par la recherche». 
    Pour ce qui est des défis à relever, le conférencier a précisé qu’il est important de : développer la formation car l’émergence demande les ressources humaines de haute qualité donc les ingénieurs, les chercheurs et les cadres de haut niveau très bien formés ; mieux sensibiliser la diaspora qui a un grand rôle à jouer dans l’atteinte de l’émergence, notamment en matière de transfert de technologies ; le transfert de fonds de la diaspora est d’une grande importance. Elle peut aussi jouer un grand rôle dans la formation des chercheurs et enseignants ; sensibiliser les chercheurs sur la notion de la protection intellectuelle car dit-il, la protection des résultats de la recherche est une notion qui est jusqu'aujourd’hui très négligée par les chercheurs ; développer la Coopération Sud-Sud: aujourd’hui en Afrique un certain nombre de pays sont avancés en matière de développement et le Cameroun gagnerait à travailler avec eux. Par exemple le Kenya, la Tunisie, le Maroc et bien d’autres.



 André BION

 

 

 

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